Gondora no kuronikuru #1: Comment savourer ARIA à la bonne sauce ?

le samedi 13 avril 2013.
Merci aux quelques visiteurs qui s'aventurent sur le blog ! En espérant que chaque semaine puisse trouver au moins son article, je lance la première chronique qui aura pour problématique: "Comment savourer ARIA (l'animé) à la bonne sauce ?"

akari mizunashi fsjal
Image originale: mkrocker.

De bons mangas (NDLR: ceux qui se vendent bien, pas forcément les plus intéressants) sont très souvent adaptés en animé. Comme dans chaque adaptation télévisuelle, le réalisateur prend des libertés qui peuvent plus ou moins modifier le monde crée par l'auteur. En voici quelques exemples:
  • Comparé au manga papier où les dessins sont plus intenses, un épisode dispose de traits plus légers avec, au passage, une fréquence d'animation faible, notamment à cause du budget. Est-ce que vous seriez prêts à dépenser des millions pour faire un seul épisode de manga ? Vous me direz qu'un Totoro ou un Chihiro voire un Mononoké (animés par les studios Ghibli) est bien plus fluide et dynamique. En revanche, le budget mis en place n'est pas le même... Toutefois, cela n'est qu'un aspect technique, rien de bien gênant pour le plaisir des yeux.
Extrait d'un flip book du Ghibli Museum (Ponyo sur la falaise)
  • Les "arcs" d'épisodes (ou grandes thématiques d'épisodes) suivent le manga de manière plus ou moins rapide. C'est à ce niveau que l'on distingue l'animé de qualité supérieure à un animé "fait pour le fric". Pourquoi ? Parce que les animés très populaires suivent de très peu le manga, ils cherchent parfois (si le moment est opportun) de faire des épisodes bonus, originaux du manga, de manière à laisser une marge temporelle à l'auteur: c'est ce qu'on appelle un filler. Ce n'est pas systématiquement mauvais, on en connait davantage sur l'univers, mais l'histoire n'avance pas ! Par exemple, l'animé Naruto est composé de nombreux arcs du manga (première mission... intentions de devenir Hokage...) mais également de nombreux fillers (retrouver Sasuke, mission annexe): on pédale dans la semoule !
Guren, de l'Arc Sanbi (filler de Naruto Shippuden)
Est-ce nécessaire, sachant qu'il n'y a aucune progression
dans l'histoire principale ?
Arc Pain (Naruto Shippuden)
  • Des dialogues utiles ? Pour gagner du temps, certains réalisateurs font des épisodes entiers de parlotte. Hormis les noms de capacités spéciales (qui ajoutent du S.T.Y.L.E dans beaucoup de shõnens animés de combat), comment peut-on passer son temps à raconter sa vie ou à faire des flashbacks, et ce, en plein combat ?
Le combat entre Sangoku et
Freezer est long... très long.
(Au passage, les quelques minutes
 d'avant explosion sont largement
dépassées).
Dans le cas d'ARIA, je considère que même si on pouvait perfectionner quelques petits détails, le contrat est rempli: on est immergé dans le monde de l'auteur, sans parasitage sur la réalisation (bien qu'il y ait des épisodes crées en plus ainsi que des chapitres non repris). La bande-son, digne d'un Ghibli, perfectionne l'immersion dans ce monde de joie. Les arcs sont définis clairement et simplement ARIA The Animation (Arc 1), ARIA The Natural (Arc 2) et ARIA The Origination (Arc 3).


Bien qu'épatant, cette magie de l'originalité est difficile à adopter (au départ) pour toute personne lambda. Selon moi, malgré un premier épisode intuitif sur le contexte de l'histoire, le début d'ARIA the Animation n'est pas assez accrocheur. Il souffre d'un manque de scènes marquantes, or les gens ne peuvent aimer une animation -film ou dessin animé- uniquement s'ils en retiennent quelque chose (d'où des abandons prématurées). Malgré tout, plusieurs épisodes de la série telles que Cette lettre qui ne peut être délivrée... (Trad. fansub: Une lettre impossible à porter) ont été grandioses à mes yeux grâce à un certain ressenti de polyvalence: on m'a en quelque sorte convaincu de regarder la suite. De plus, la fin d'Animation qui porte sur la thématique de la nouvelle année à Neo-Venezia, conclue prodigieusement la première saison.

Episode 1 d'ARIA The Animation
Vous avez aimé Animation ? Vous allez davantage aimer la suite, qui ne peut être que plus pittoresque et plus sympathique: on s'immerge toujours plus dans le fantastique, ce domaine où le spectateur ne peut qu'être davantage éblouit. Vous voici en train de regarder ARIA the Natural. Vous constaterez que d'une part, les principaux défauts du premier opus (ex: une Aika trop bruyante avec ses "Hazukashii serifu kinshi") sont balayées et, d'autre part, vous l'otaku (ou futur otaku) profitez d'une meilleure expérience d'animation, d'épisodes mieux ficelés... Bref que du bonheur ! A force de regarder la série, on commence réellement à s'attacher aux personnages, qui au fur et à mesure de l'histoire, grandissent.



Quant à ARIA the Origination (à regarder après l'OVA ~Arietta~), l'animé est plus humain et "réel": le métier de gondolière, mise en avant, n'est plus idéaliste mais réaliste: on apprend que devenir Prima n'est pas si aisée que l'on ne croit. Malgré une animation plus statique, chaque épisode visionnée est une réussite artistique à savourer, une création de génie qui conclue de la meilleure façon la série, à la seule condition de ne pas commencer par cette saison (cf. Kazé et les raisons de diffuser uniquement Origination). Pourquoi ? Parce qu'on a affaire à une fin qui a du sens, qui va à l'essentiel, tout en ne modifiant aucunement le style d'ARIA. En commençant par la fin, Kaze a tué la magie de cet animé: il perd tout son sens à cause de la méconnaissance (de la part du non-initié) des événements passés. Une chose à savoir: si vous avez suffisamment de courage pour regarder les derniers épisodes d'ARIA, préparez une boîte à mouchoirs (deux si vous êtes très sensible), les épisodes deviennent de plus en plus mélancoliques, émouvants. 



Au final, ARIA ce n'est pas une histoire légère (contrairement aux critiques émises sur Orignation, très souvent sans avoir vu Animation & Natural) connue d'avance, c'est une aventure humaine où on s'immerge dans la peau des personnages, dans une Venise très proche de l'authentique, mystique, qui révèle ses secrets au fil des épisodes. Malgré des moyens techniques et financiers plus limités par rapport à de grandes adaptations de manga, on ne peut que saluer le travail de Junichi Sato, de son équipe et des musiciens/chanteuses (Choro Club ft Senoo, Yui Makino, la défunte Eri Kawai...) dans la réalisation de ce chef d'oeuvre, à savourer dans l'ordre chronologique des évènements ! En espérant qu'on aura le droit à une nouvelle adaptation des créations de Kozue Amano ( Amanchu! )...


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